Aménagement Durable de l’Espace - Habitat - Urbanisme
Habitat, équipement public et déplacement, un lien affirmé en 2006
Ces cinq années ont vu les territoires du Val de Lorraine franchir un nouveau cap. Les politiques conduites en matière d’habitat ne se contentent plus de lancer des opérations d’amélioration de l’habitat (Opération Programmée Amélioration Habitat, réhabilitation des bâtiments d’activités, ravalement…).
Elles définissent des stratégies globales de développement de l’habitat en matière de logement social (construction et réhabilitation) et de logements du parc privé. C’est la Communauté des communes du Bassin de Pompey qui a été la première à se lancer dans des programmes de ce type. Celui-ci prévoit un objectif d’accroissement de sa démographie avec comme moyen, le développement et le renouvellement de son parc de logements (privé et public….).
Des programmes comparables sont menés sur l’ensemble du territoire : un Programme Local de l’Habitat sur le bassin de Pont-à-Mousson et un Programme Territorial de l’Habitat sur les communes non couvertes par un PLH. Des enjeux territoriaux majeurs paraissent, en premier lieu, le renouvellement des secteurs d’habitat social (cf Politique de la ville). La gestion des espaces ruraux encore peu bâtis (le Plateau de Haye entre Rosières et Dieulouard et la Vallée de la Seille), et la maîtrise des flux extérieurs provenant des agglomérations messines (vers Pagny-sur-Moselle et le Rupt de Mad) et nancéiennes (vers le Bassin de Pompey) doivent être traitées à l’échelle des Communautés de Communes, du Pays, du Scot et même de l’Inter – scot.

C’est également la Communauté de communes du Bassin de Pompey qui, à travers son Plan de Déplacement Urbain, a mis en avant la relation entre l’urbanisation et les politiques locales de déplacements. La maîtrise de l’étalement urbain est donc à limiter au profit d’une densification des espaces urbains existants comme les centres-villes. Les programmes de renouvellement urbain sur Pompey (du site Eiffel à la cité Sainte Euchaire) et sur Pagny-sur-Moselle (le parc de l’avenir) l’illustrent.
Des programmes du même type sont à encourager sur Liverdun (espace maladrerie-lerebourg), sur Blénod (centre ville), sur Dieulouard (secteur gare-château-Pétro/Carbone), sur Frouard (place Lohmar-Collège) et Pont-à-Mousson (secteur Port, Abbaye des Prémontrés). Leur qualification passe également par un renouvellement de leurs espaces publics, un soutien adapté à ce type de programme, du même type que sur les axes majeurs seraient à étudier.
Par ailleurs, ces secteurs centraux des villes du Val de Lorraine doivent être dotés, pour la plupart d’entre eux, d’une plateforme multimodale de déplacement (sur Pompey et Pont-à-Mousson, en premier lieu, et dans une moindre mesure sur Dieulouard et Pagny-sur-Moselle), fonction traditionnelle et structurante des centres-villes. Enfin, la définition d’un second Plan de Déplacement Urbain sur le Bassin de Pont-à-Mousson élargi est à prévoir.
Les secteurs moins urbanisés (les Trois Vallées, la Vallée de la Seille, le Plateau de Haye sur Dieulouard) ont également à concevoir des programmes de déplacement en lien avec leur politique d’urbanisation et en complémentarité avec les politiques locales de déplacement sur les bassins de Pont-à-Mousson et de Pompey.
Enfin, la maîtrise de l’urbanisation est par ailleurs indispensable pour assumer une bonne gestion dans le temps et l’espace des équipements publics. La question du choix des implantations des écoles maternelles et primaires sur la Vallée de la Seille traduit aujourd’hui cette problématique qui demeure un enjeu de développement pour le territoire.
Urbanisme et paysages, deux thèmes à marier
L’extension urbaine des vingt dernières années a trouvé le foncier disponible à l’extérieur des noyaux urbains d’origine. Les coteaux (sur Bouxières-aux Dames et Pagny-sur-Moselle) et les plateaux (sur Liverdun) se sont progressivement peuplés de pavillons.
L’urbanisation s’est donc faite au détriment des interfaces (les vergers, les jardins) qui assurent la liaison entre l’espace bâti et l’espace naturel. La politique agricole a également contribué à la disparition des ces espaces de transition. Dans ces conditions, le paysage s’est considérablement ouvert comme sur le Nord de la Vallée de la Seille (le secteur de Raucourt-Eply) et le Plateau de Haye (entre Fey-en-Haye et Beaumont).
L’un des enjeux, tant en milieu urbain que rural est donc de recomposer ces espaces de transition à travers des programmes de type OPAV, ou à créer comme sur les haies. La disparition de ces espaces tampons a aussi pour conséquence « la descente » de la forêt sur l’espace urbain. C’est le cas, à la fois, en milieu urbain sur Frouard, Maidières et Pont-à-Mousson sur le versant de la butte de Mousson, et en milieu rural dans les vallons des vallées de l’Esch et du Rupt de Mad.
La définition de modalités de gestion de ces espaces forestiers de lisière est à prôner dans un souci de sécurité et d’hygiène publique (lutte contre les incendies, gestion de la faune sauvage…). La situation des secteurs boisés du vieux Liverdun a bien montré cet enjeu et les difficultés auxquelles sont confrontées une commune et les propriétaires privés, lorsqu’un espace forestier est abandonné par la collectivité (chute d’arbres sur les maisons, faune provoquant des dégâts…). Les Côtes de la Moselle (sur Frouard, Blénod, Maidières et Prény) et les buttes témoins dont celles de Mousson, constituent des sites possibles d’intervention.
D’autres espaces proches de la ville sont à réinscrire dans l’urbanisation actuelle du Val de Lorraine : les Vallées de la Meurthe et de la Moselle qui constitue le trait d’union entre les bassins de Pompey et Pont-à-Mousson. Leurs devenirs doivent être pensés en articulation avec les espaces urbains et la disparition progressive, d’ici les trente prochaines années, de l’exploitation des granulats entre Arnaville et Belleville.
La mise en œuvre de schémas de développement des boucle de la Moselle (Belleville/Dieulouard, Sud Pont-à-Mousson, Nord Pont-à-Mousson et Champey/Arnavaille), tout en s’appuyant sur une logique de corridor naturel et écologique, doit trouver sa place dans le futur schéma de développement du Pays du Val de Lorraine. Il en va de même pour les affluents (le Rupt de Mad, le Trey, la Natagne, l’Esch et la Mauchère).
La dynamique de la Charte de paysages du Val de lorraine a contribué à l’émergence de la prise en compte des paysages dans les projets de territoire. Le renforcement de cette capacité de réflexion et d’actions est à prévoir.

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